Besancenot-LCR : Un programme présidentiel contre le Néocolonialisme, le Racisme et l’Immigration jetable
01/03/2007
Les partis de gouvernement, dénommés tels par l’établissement, principalement la Droite française représentée par l’UMP et son candidat Nicolas Sarkozy et la gauche représentée par le parti socialiste et sa candidate Ségolène Royal, monopolisent les médias et les attentions pour des résultats politiques connus d’avance. Aucun de ces partis, sur des décennies de pouvoir n’a prouvé ni la culture, ni l’empathie, ni la sincérité politique, ni la vision nouvelle pour faire rentrer la communauté française dans une ère radicalement différente, celle de la diversité, de l’équité, de la réanimation d’un vivre-ensemble agonisant sous l’emprise des racismes, des stigmatisations, des nostalgies coloniales. La Francafrique a été savamment entretenue par les deux camps qui en tirent les meilleurs atouts, financements occultes compris, entretien de classes politiques et prédatrices parasites en Afrique et en France, rendant la majorité du peuple qui valide des candidatures «arrangées» -soit la gauche, soit la droite, pour une même idée de la France- par élections de leurs représentants interposés. L’Outre-Mer a toujours été confinée à son insularité, marginale voire raillée tenue par assistée.
Alors que les Nègres Marrants et les Bons noirs accourent jouer les forces supplétives pour une configuration électorale qui les nie dans leur existence problématique à la république, il serait plutôt un brin censé, de s’intéresser aux formations politiques qui, même marginales, proposent au moins clairement des alternatives ; qui ne soit par exemple la vieille démagogie socialiste récurrente à chaque élection du droit de vote aux étrangers, vite oubliée une fois au pouvoir. Les attitudes humiliantes, musclées, spectaculaires et inhumaines promues en règle de comportement vis-à-vis des Noirs sous le pouvoir UMP chiraco-sarkozien ont le mérite de ne rien laisser espérer en cas de victoire. Sauf pour les strapontins promis aux naïfs …
Les électeurs noirs, arabes et Non-Blancs, sensibles au plafond de verre qui leur est quotidiennement opposé pourraient utiliser comme moyen de pression l’existence de propositions alternatives susceptibles de contraindre les partis hégémoniques à intégrer dans leurs agendas, en plus des affichages «ethniques food» dans lesquels ils excellent, la question centrale des Non-Blancs, des fameux Indigènes qui gênent tant la république.
Quelques propositions du candidat de la Ligue Communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot pourraient ainsi alimenter la réflexion, à partir du moment où, par delà les solutions apportées, elles reconnaissent un problème national intrinsèque eu égard à la politique néocolonialiste de l’Etat français et ses bases militaires en Afrique, eu égard au racisme qui règne en France dans une tendance lourde européenne, eu égard à l’instrumentalisation des Immigrés désormais officiellement jetables dans un modèle productiviste appliqué à l’humain. Extraits de programme.
En finir avec une France impérialiste et militariste
Avec une dette déjà remboursée plusieurs fois, la France, comme les autres pays occidentaux, fait crouler des millions de personnes sous la pauvreté. Les salariés de ce pays, l’immense majorité de la population n’a aucun intérêt au maintien de cette situation qui ne sert qu’à enrichir les banques et les marchés financiers, permet d’imposer des plans d’ajustement structurels prônés par le FMI.
Abolition de la dette.
Nous devons aussi rompre avec la politique africaine de la France, sinistrement symbolisée par la complicité dans le génocide au Rwanda, qui sert les intérêts des grands groupes : Total, Bolloré, Bouygues, Vivendi,…
Retrait des 10 000 soldats français stationnés en Afrique
Indépendance monétaire des pays africains vis à vis de l’euro.
La France maintient des rapports de domination et d’exploitation avec ses dernières colonies. Les peuples de DOM et des TOM doivent avoir leur propre pouvoir de décision.
En Kanaky et à la Réunion, aux Antilles, en Guyane, et plus près de nous en Corse, les populations doivent obtenir le droit à s’autodéterminer, choisir librement leur statut et leur régime politique.
Contre le racisme, l’égalité des droits !
La banalisation d’un racisme décomplexé n’est pas sans rapport avec la droite décomplexée chère à Sarkozy. Si le passé colonial «ne passe pas», c’est que persistent des représentations et des discriminations héritées de la colonisation. Ainsi la loi du 23 février 2005 voulait imposer à la recherche et à l’enseignement une histoire officielle sur les bienfaits de la colonisation. Le rapport Benisti prétend établir un lien de causalité entre la langue étrangère parlée à la maison et un avenir de délinquant.
Contre le fait colonial qui marque notre société, nous exigeons l’égalité culturelle : la reconnaissance de la diversité culturelle va de pair avec l’égalité des droits
La citoyenneté ne doit plus être limitée à la nationalité. Nous soutenons la campagne démocratique pour la « Votation citoyenne ». Mais nous exigeons la reconnaissance du droit de vote et d’éligibilité à toutes les élections pour tous les habitants de ce pays.
Le recul de l’Etat social, des services publics, de l’emploi, en accentuant les discriminations sociales, accentue aussi les discriminations ethniques : les populations françaises issues de l’histoire coloniale de la France notamment (d’origine africaine et antillaise) continuent à subir des discriminations évidentes en terme d’emploi, de logement qui s’appuient sur un racisme rémanent largement alimenté et, en ce qui concerne les populations des pays arabes, sur un mélange de racisme colonial et de fantasmes vis à vis de l’islam. S’attaquer à ces discriminations suppose de remettre en cause la toute puissance des patrons et des logeurs.
De plus, l’accès à l’emploi public reste fortement subordonné à une nationalité française ou européenne. Au total, ce sont 7 millions d’emplois publics et privés qui sont soumis à une clause de nationalité.
Nous exigeons l’abandon de la condition de nationalité, notamment pour exercer les emplois de la fonction publique.
Enfin, le racisme est attisé par les lois anti-immigrés. Une société fondée sur le travail jetable exige une immigration jetable. La loi Sarkozy développe un cynique utilitarisme migratoire qui menace les droits de tous. La carte de résident, cette grande conquête de la Marche de l’Egalité de 1983, devient inaccessible.
Nous exigeons la régularisation de tous les sans-papiers, l’abrogation des lois anti-immigrés et un droit au séjour fondé sur la liberté de circulation et d’installation.
Les opinions de chacun varient naturellement au gré des libres choix individuels. Il serait tout de même difficile de ne pas savoir gré au programme de la LCR de mettre le doigt très clairement sur les questions en débat depuis des années au près des démocrates, des Alternatifs, des Descendants des anciennes colonies françaises et dans la communauté noire de France spécialement. Comment expliquer que ces thèmes ne soient même pas abordés par ceux des Noirs qui font vœux de prosternitude en direction des partis hégémoniques ? Certes le paradigme social reste dominant, mais les thématiques comme les solutions proposées ici se rapprochent davantage des réalités vécues par les citoyens Non-Blancs, de beaucoup de leur réception des postures républicaines, et enfin esquissent des réponses largement intelligibles pour le plus grand nombre.
Source : http://besancenot2007.org/rubrique.php3?id_rubrique=4
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