Kumbaya, la fabuleuse histoire afrocentrique d’un Negro Spiritual Classé
17/05/2007
Il est tellement intégré à la culture Negro spiritual mondialisée, vibrante affirmation de la spiritualité nègre et africaine dans les Amériques esclavagistes, que peu questionnent la consonance pas franchement anglaise de cet hymne à la proximité divine auprès de l’humaine condition. Cela ne va pourtant pas de soi, Kumbaya nous doit le conte de sa vie, de sa geste, un trésor est caché dedans.
Les spécialistes du Negro spirituals, les ethnomusicologues comme Thomas Miller se souviennent que Kumbaya a vécu une de ces histoires fabuleuses, émouvantes des relations entre les Africains du continent et leurs Descendants Africains Américains. A l’origine cet appel direct de l’intervention divine aux côtés de l’humain est un spirituel traditionnel du peuple africain américain resté le plus éloigné de l’influence américaine, conservatoire précieux de l’héritage ancestral, les Gullah des régions côtières de Caroline du Sud. Souvent marginalisé ce peuple qui n’a reçu que tardivement une véritable reconnaissance nationale assortie tout de même d’un programme de préservation culturelle est demeuré typiquement africain par une bonne partie de sa culture : croyances dans les esprits des ancêtres, artisanat et vannerie africains, langues Gullah presque incompréhensible des autres Américains et Africains Américains créolisant des idiomes et syntaxes d’Afrique avec un anglais à l’accent distinctif …
On comprend mieux la syntaxe inhabituelle de «Come by yah, my Lawd» et cette prononciation échappée d’une lointaine histoire. Les Gullah sont à l’origine de «Come by yah» qui fera l’objet de premiers enregistrements dans les années 20-30. Plusieurs pasteurs comme le révérend Martin V Frey se sont vus attribuer la paternité de ce qui était un negro spiritual propre à ce peuple. Mais le plus original reste à venir.
Alors que «Come bu yah» ou «Come bu yuh» est déjà mentionné dans des enregistrements divers et cités dans des brochures, il arrive en Afrique, précisément en Angola d’où la traite négrière à grande échelle avait commencé au XVe siècle. Un couple de missionnaire l’apprend aux Africains qui le réinventent en «Kumbaya». Plus tard le couple revient aux Etats-Unis où il joue la nouvelle version de «Come by yah» dans plusieurs tournées, en pleine période de revival des chansons anciennes, des traditions du gospel et du spiritual.
Initié à la mystique africaine Kongo, rebaptisé «Kumbaya», «Come by yah» renaissait ainsi à l’Amérique pour ne plus jamais la quitter. Associé au mouvement des Droits civiques, il deviendrait vite un standard des feux de camps dans les rassemblements du mouvement scout ou de la jeunesse chrétienne [YMCA] parmi d’autres usages.
«Kumbaya» est aussi le témoin d’une vitalité que les relations culturelles entre les Amériques africaines et l’Afrique pourraient entretenir et prolonger jusque dans le quotidien insoupçonnable des activités religieuses, profanes, sociales se produisant banalement sur ces continents et les îles qui leurs sont rattachées. Il pourrait être également porteur d’un message réciproque de l’Afrique aux Amériques africaines et vice versa, Come by here, message d’une fraternité retrouvée entre Nègres Dispersés.
Pour mémoire, les paroles inoubliables de Kumbaya dont la puissance transcende les clivages religieux apparents, une œuvre culturelle et un imaginaire profondément nègres.
Kumbaya, my Lord, kumbaya
Kumbaya, my Lord, kumbaya
Kumbaya, my Lord, kumbaya
O Lord, kumbaya
Someone’s laughing, Lord, kumbaya
Someone’s laughing, Lord, kumbaya
Someone’s laughing, Lord, kumbaya
O Lord, kumbaya
Someone’s crying, Lord, kumbaya
Someone’s crying, Lord, kumbaya
Someone’s crying, Lord, kumbaya
O Lord, kumbaya
Someone’s praying, Lord, kumbaya
Someone’s praying, Lord, kumbaya
Someone’s praying, Lord, kumbaya
O Lord, kumbaya
Someone’s singing, Lord, kumbaya
Someone’s singing, Lord, kumbaya
Someone’s singing, Lord, kumbaya
O Lord, kumbaya
Kumbaya, my Lord, kumbaya
Kumbaya, my Lord, kumbaya
Kumbaya, my Lord, kumbaya
O Lord, kumbaya
Une autre version
Kum ba yah, my Lord, kum ba yah
Kum ba yah, my Lord, kum ba yah
Kum ba yah, my Lord, kum ba yah
Oh Lord, kum ba yah
Hear me crying, Lord, kum ba yah
Hear me crying, Lord, kum ba yah
Hear me crying, Lord, kum ba yah
Oh Lord, kum ba yah
Hear me singing, Lord, kum ba yah
Hear me singing, Lord, kum ba yah
Hear me singing, Lord, kum ba yah
Oh Lord, kum ba yah
Hear me praying, Lord, kum ba yah
Hear me praying, Lord, kum ba yah
Hear me praying, Lord, kum ba yah
Oh Lord, kum ba yah
Oh I need you, Lord, kum ba yah
Oh I need you, Lord, kum ba yah
Oh I need you, Lord, kum ba yah
Oh Lord, kum ba yah
Akam Akamayong
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