Patience Dabany ex-première dame du Gabon écorche sa rivale, Mme Bongo fille de Sassou Nguesso !
10/07/2007
Musique, alcôves et rivalités au sommet de l’Etat gabonais ! C’est ce qui pourrait sous-titrer la nouvelle affaire musico-matrimoniale du petit émirat d’Afrique centrale dépassé ces temps derniers en pétrodollars et en ostentation par son voisin équato-guinéen.
Patience Dabany née Marie-Josephine Kama est une chanteuse gabonaise pas comme les autres. Après avoir partagé pendant presque 20 ans en épouse digne l’intimité du président Bongo devenu Ondimba entre temps et au pouvoir depuis 1967, elle s’est retrouvée hors du palais, obligée d’encaisser le nouveau mariage en grandes pompes de son ex-mari et chef de l’Etat avec la fille du président congolais Edith Sassou Nguesso. Un rebondissement de plus dans les mœurs de la cour présidentielle que radio trottoir convoie à volonté. Naturellement la «congolaise» considérée distante voire hautaine, n’a semble t-il jamais été acceptée par la population qui en définitive ne se sentait pas trop mal avec la «Maman» nationale locale.
Patience Dabany ne s’en est jamais laissée compter elle qui, aux dires des connaisseurs, se souvient amèrement du temps où elle accueillait innocemment chez elle à la résidence du couple présidentiel, la toute jeune fille qui lui contesterait plus tard son trône de First Lady. Dur …
Sortant d’une réserve qui n’a jamais été son fort, et au milieu d’une carrière entamée pendant un séjour de quatre ans aux Etats-Unis, Dabany délivre [paru sur Dailymotion en juin 2007] le titre Mari Mar accompagné d’un clip très parlant qui règle littéralement ses comptes avec l’actuelle première dame et fille de président. Stupéfiant, alors que dans le même registre l’art de la dénonciation ou de la provocation consiste à dire sans dire, à rester dans l’implicite ou le double langage, tout indique la cible privilégiée de l’ex-première dame reconvertie en chanteuse, une passion familiale de longue date dit-on. Le clip assez rudimentaire, agencement de photos à la définition douteuse offre des gros plans du président Omar Bongo Ondimba lui-même, un plan de face plein écran de la femme du président avec une inscription en gras «A Edith Lucie», et des images de femmes de la haute société gabonaise dont la rumeur fait de probables voire certaines conquêtes présidentielles. Tout en direct. L’affaire est gâtée !
Musicalement il s’agit d’une Rumba langoureuse sans prétention chantée principalement en français et dans une langue gabonaise. Les paroles embrayent dans la crudité pour ne pas se laisser dépasser par les images ou vice versa. La question qui revient, l’interpellation récurrente «Tu fais le Ngounda Ngounda pour rien» signifie «tu te vantes sans raison», «cesse de te pavaner». Le texte explique son interpellation de la première dame, «il est à nous toutes», «tout ce qu’il te donne il nous le donne aussi», «Le mari est à nous toutes, tu fais le Ngounda Ngounda pour rien Mari Mar». Rappel perfide, il nous a fait des enfants comme à toi, nous avons comme toi des voitures, des habits, des bijoux, «Il a besoin de toi, de moi et de toutes les autres …».
On demeure interdit jusqu’à la fin du clip vidéo tellement la quiétude de Patience Dabany à chanter les mœurs alambiquées de la présidence gabonaise semble imperturbable. La notion de domaine privé ne paraît nullement interférer dans sa démarche et on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer. Tempérons tout de même. Il est peu probable que Patience Dabany se soit livrée à son Ngounda Ngounda personnel si elle n’avait pas ne serait-ce qu’un feu orange du très haut. Alors bientôt le come back ? Si ce n’était déjà fait…
A l’arrivée, entre des fils de chefs d’Etats accusés de trafic de drogue, de gabegie et de bien mal acquis, certains terminant tragiquement le chemin de leur vie, et les descriptions des relations orgiaques qui entourent les sphères des hautes élites africaines, la mise en public des rivalités de premières dames et des répudiées montrent bien l’inexistence d’un minimum d’éthique et de séparation des espaces privé et public. De séparation entre la vie des dirigeants et l’influence directe de leurs relations matrimoniales sur l’actualité publique des sociétés. D’un autre côté un paradoxe émerge. Dans les sociétés où les droits fondamentaux tels que les définissent les occidentaux sont les moins garantis, à commencer par la très prisée liberté d’expression, il y a davantage de chance d’en savoir sur les vicissitudes privées et publiques des dirigeants que dans bien des pays aux libertés garanties. Euh, alors, … qu’ils ne fassent pas Ngounda Ngounda pour rien sinon on leur envoie Patience Dabany !
Voir la vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x25hj6_patience-dabany
Ezezek
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