<tr bgcolor="#872B06"> <td>&nbsp;</td> <td height="25" bgcolor="#872B06" class="menu"><div align="left">La chorale</div></td> <td height="25" bgcolor="#872B06"><img src="http://www.afrikara.com/Images/ic_chorale.gif" width="29" height="15"></td> </tr>
ACCUEIL
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
   
 
abosolo.com
Musique sur Afrikara
Les derniers commentaires
  abdellah : demande de formation ( 28 Juillet 2007 20H07)
salutation:
nous voulons voire des propositions de formation :
(fabrication de savon artisanale).
pour 6 personne sur casablanca [lire la suite]
»Ajouter votre commentaire«
»Voir tous les commentaires «

Afrikara rend hommage au grand Homme qu'était Aimé Césaire. Que représentait pour vous Aimé Césaire?
L'un des pères fondateurs de la négritude
l'un des plus grands poètes du XXe siècle
un homme d'action, un militant, défenseur de l'identité nègre
un "éveilleur de conscience" de l'identité Noire
un pont entre les Antilles et la mère Afrique
l'homme politique le plus emblematique de la Martinique
Un homme debout, un Négre avec N majuscule
Autre
 

 Résultats

 Liste des sondages

Dizzy Gillespie parle : «Je crois que ma participation à l’évolution du rythme en jazz a été essentielle.» 
20/07/2007

Trompettiste hors paire et personnage chaleureux, John Birks Gillespie [1917-1993] plus connu comme Dizzy Gillespie compte parmi les trompettistes les plus éminents du Jazz avec Louis Armstrong et Miles Davis. Modernisateur du Jazz associé à l’invention du style Be-bop et à l’introduction des rythmes afro-cubains dans le jazz, il est considéré comme un monstre de technique et un musicien doté d’une vélocité, d’une vitesse d’exécution prodigieuse. L’image du Noir plutôt facétieux les joues gonflées par l’air emmagasiné pour souffler dans son instrument n’est pas une légende, ni son caractère jovial et son charisme. En 1970 il répond aux questions de Jazz magazine sur sa musique, ses rencontres, sa folie de vouloir se présenter à l’élection présidentielle américaine en 1964, alors qu’il promettait de nommer au gouvernement Malcolm X, Miles Davis, ou Ray Charles… Celui qui disait de lui-même «Je n’ai jamais été dérouté par aucun rythme, d’où qu’il vienne.» ou «Je crois que ma participation à l’évolution du rythme en jazz a été essentielle.» n’avait pas sa langue dans sa poche, une facette attrayante du personnage.

 

 

Extraits du Jazz Magazine 1993, N°423.

 

Dizzy Gillespie, en 1964, vous avez été candidat à la présidence des Etats-Unis. Pourquoi?

Parce que les Etats-Unis avaient besoin de moi !

 

Avez-vous eu cette idée seul ou avez-vous été poussé par des amis?

En fait c’est un journaliste de San Francisco, Ralph Gleason, qui en a eu l’idée : il pensait que je ferais un bon président. J’ai été d’accord. La campagne « Dizzy For President » a donc été lancée. Ce n’est que lorsque j’ai appris que Barry Goldwater se présentait aussi que j’ai retiré ma candidature et demandé à mes amis de voter pour Lyndon B. Johnson qui avait plus de chances que moi! Je pense cependant que les Etats-Unis ont besoin d’un président qui ait une vision spiritualiste des choses d’un point de vue purement humaniste, pour le bien du genre humain. Ce type de point de vue est le plus important, à mon sens, pour un homme d’Etat. Il faut aller au-delà des divisions pour rechercher l’unité.

 

Bien que votre religion (baha’i) vous empêche d’avoir une activité politique, que pensez-vous des Black Panthers?
Ma foi m’a appris à rechercher ce qui est positif et à refuser ce qui est négatif. Le côté positif des Black Panthers est évident : ils nourrissent des milliers de gosses, chaque jour, à New York. Mais si les Panthers sortent dans la rue pour tuer quelques policiers, c’est leur problème et non le mien : je n’ai pas l’intention de prendre un revolver pour tuer qui que ce soit, même pas un policier, sous prétexte qu’il a la loi pour lui et qu’il dispose d’armes et de munitions. De nombreux groupes de militants m’ont demandé ce que je pensais de ces choses-là. Je leur ai répondu que mes convictions religieuses me poussaient à considérer que l’important est l’unité du genre humain et non sa division. Ce n’est pas l’unité des Noirs, des Porto-Ricains, des Indiens ou des Mexicains qu’il faut rechercher, mais celle de l’humanité toute entière.

 

Il n'existe pas seulement des divisions raciales mais aussi des divisions sociales ou simplement provoquées par les différences de génération. Que pensez-vous du heurt entre la jeunesse et ce que vous appelez l'"establishment" aux Etats-Unis?

Les gosses sont fatigués de toute la merde que les plus vieux leur ont laissée en héritage. Les jeunes leur font savoir, en des termes qui ne laissent planer aucun doute, qu’ils ne veulent pas faire partie de cette société-là. Leur refus les pousse, par exemple, à refuser de travailler. Ils en ont marre du matérialisme imbécile de notre époque. Ils veulent quelque chose de plus profond. Les gosses cherchent leur propre truc, leur propre voie. Personnellement, je pense que l’homme n’est pas capable de trouver sa Vérité sans être guidé spirituellement. La paix et l’unité ne peuvent venir que de là.

 

La musique peut-elle être le véhicule de la contestation?

Je ne peux adhérer à quoi que ce soit qui représente la haine. Je ne recherche que l’amour et c’est ce que ma musique porte en elle-même.

 

La musique de jazz et la drogue ont, par le passé, entretenu souvent d'étroits rapports. Que pensez-vous du problème de la drogue aujourd'hui?

Je pense que le whisky étant en vente libre, la marijuana devrait l’être aussi. L’alcool a des effets plus désastreux sur les gens. J’en parle par expérience personnelle. Les plus gros ennuis que j’ai eus dans ma vie sont venus lorsque j’avais bu. Je pouvais être diabolique avec de l’alcool dans le sang On ne sait plus ce qu’on dit ou ce qu’on fait. Ça ne s’est jamais produit avec de la marijuana. Je crois que lorsque plusieurs gosses de grandes familles auront été arrêtés pour avoir fumé, le gouvernement décidera de mettre la marijuana en vente libre.

 

Mais les drogues puissantes : l’héroïne, la morphine, la cocaïne...

Ça n’existe pratiquement plus dans les milieux du jazz. Ça a existé, bien sûr. Je me rappelle que quand j’étais dans l’orchestre de Billy Eckstine, tout de suite après la guerre, toute la section de saxophones était droguée. Tous les cinq étaient "junkies". Pas une seule exception! C’est fini maintenant, mais pas dans l’esprit des gens. Il y a quelque temps, j’ai attrapé un rhume et j’ai appelé un médecin. Quand il a su que j’étais musicien, il a eu une drôle d’attitude. Il a pensé que je l’appelais pour avoir de la drogue. Ça m’a vexé terriblement. Je lui ai donné deux livres de prières en lui disant de les lire car il en avait drôlement besoin!

 

… vous avez appartenu à l’orchestre de Cab Calloway. Vous avez été renvoyé brutalement, dit-on. Pourquoi exactement?

Ce fut une sinistre histoire. Cab Calloway m’accusait de lui envoyer des boulettes de papier mâché dans le dos quand il était en train de chanter. En fait je ne faisais que me défendre. Je me suis retrouvé à la rue subitement. Ce fut le tournant décisif de ma vie.

 

L'association la plus célèbre de votre vie est celle qui vous a lié à Charlie Parker vers 1945. Quand avez-vous rencontré Charlie Parker pour la première fois?

A Kansas City. Je connaissais un gars nommé Buddy Anderson. Il jouait de la trompette, pas mal d’ailleurs, mais il tomba malade et il dut se mettre à la contrebasse puis au piano. Je pense qu’il vit en Californie maintenant. Quand je jouais avec Cab Calloway, nous allions parfois à Kansas City. Buddy, qui vivait là-bas, me dit un jour : « Mon pote, il faut que t’entendes un mec fantastique ! » Je lui répondis : «Okay, amène-le !» Je logeais au Booker T. Hotel et, un après-midi, Charlie Parker vint me voir. Nous commençâmes de parler dans ma chambre, puis nous déballâmes nos instruments, lui son saxophone alto, moi ma trompette. Ça dura des heures. On ne pouvait s’arrêter de jouer. C’est tout juste si je suis allé au boulot ce soir-là. J’étais estomaqué : les idées que j’avais en tête étaient comme personnifiées en Charlie Parker. Dès ce moment, et plus encore dans les années suivantes, nos idées étaient jumelles et il était difficile de dire ce qui venait de moi et ce qui venait de lui. Parker avait en lui une foule de motifs musicaux que l’on pouvait rattacher à des thèmes connus. Il jouait un morceau et, au milieu, introduisait en citation un extrait d’un autre morceau. C’était un de ses grands dons. Ma femme me disait souvent : « Pourquoi ne fais-tu pas quelque chose comme ça ? » Je lui répondais : « C’est son truc à lui, pas le mien. » Le copier ne m’intéressait pas : je voulais trouver des choses bien à moi. Mais, en fait, nous étions très proches; oui, comme des jumeaux. Dans les dernières années de sa vie, il s’est passé quelque chose de très triste. Il me téléphona une nuit et me dit : «Sauve-moi. » A l’époque, je n’étais pas préparé spirituellement pour répondre à une telle demande. Je lui ai dit quelque chose du genre : « Si tu ne peux pas te sauver toi-même, qui d’autre pourrait le faire ?» J’y ai pensé souvent, surtout depuis qu'il est mort. Je regrette d’avoir été incapable de répondre à son appel. Mes sentiments pour lui étaient plus forts que des liens physiques ou sentimentaux. Il y avait entre nous un lien spirituel qui provenait de notre identité de vues musicales. Un jour une femme me téléphona et me dit avoir lu un livre sur Charlie Parker. Elle ajouta : "Vous avez dit des choses très profondes sur lui. Vos deux coeurs battaient au même rythme." Elle demanda à me voir et vint au club où je jouais, avec son mari. C’est grâce à cette rencontre que j’ai pris connaissance de la foi b’hai, de l’aspect spirituel de la vie. Plus tard nous sommes allés nous recueillir sur la tombe de Charlie. Ce jour-là il pleuvait à verse et j’ai eu du mal à trouver la tombe. Eh bien, lorsque enfin je l’ai découverte, j'ai eu une sorte de choc spirituel. La pluie tombait et je ne la sentais pas, je n’étais pas mouillé ! J’ai eu envie de prier parce qu’il était, en plus d’un très grand musicien, un être humain exceptionnel. Je ne peux pas expliquer vraiment ce qui s’est passé ce jour-là mais j’ai eu la foi, je suis devenu b’hai pour toujours.

 

Vous avez dû souvent subir son irresponsabilité dans le travail...

Oui. Souvent il me rendait fou, notamment lorsque nous avions un engagement et qu’il ne venait pas ou qu’il arrivait très en retard. En 1945, nous sommes allés en Californie pour jouer au Billy Berg’s, un club de la ville. Le contrat prévoyait le Dizzy Gillespie Quintet. Cinq musiciens, donc. Mon groupe se composait de Charlie au saxophone alto, AI Haig au piano, Ray Brown à la contrebasse et Stan Levey à la batterie. En fait, me méfiant un peu, je pris un sixième homme, le vibraphoniste Milt Jackson. Ainsi, que Parker se présente ou non, j’étais sûr de remplir le contrat puisque j’aurais toujours cinq hommes en scène. La plupart du temps, il arrivait en retard : j’étais fou de rage. Et puis il se mettait à jouer et c’était si beau que ma colère se dissipait. Ma femme n’y comprenait rien. Elle me dit : « Pourquoi ne l’épouses-tu pas ? » Je lui fis amèrement remarquer que j’étais déjà marié ! C’est difficile de parler de lui. Parfois des gens me disent : « Quel genre d’homme était-il ?  » Je réponds «C’était un homme de chair et de sang.» Ridicule ! Les gens espèrent que je vais raconter sa vie, son art, nos relations en deux minutes ! Un jour, nous donnions un concert à Carnegie Hall. Lui avec son quintette, moi avec mon grand orchestre. J’étais en train de jouer lorsque, sortant des coulisses, Charlie s’avança sur scène, une rose à la main. Il me donna la rose et m’embrassa directement sur la bouche. A Carnegie Hall! Je crus mourir! Mais c’était une gentille attention. On ne comprend pas bien ces choses lorsqu’on n’est pas préparé spirituellement. Des gens essayaient de nous « diviser » en disant : «Charlie Parker a dit qu’il avait inventé le be-bop. Qu’en pensez-vous ?» Je répondais : « C’est vrai ! » Et ça stoppait la conversation. On aurait aimé que je proteste, que je dise que moi aussi... Mais il n’y avait aucune jalousie entre nous.

 

On vous a appelé « a funny note player » (un joueur de notes bizarres) parce que vous étiez le premier à utiliser certaines harmonies. Les trouviez-vous sur le piano?

Oui. J’ai toujours trouvé mon inspiration sur le piano. Et quand Parker vint, cela ajouta une nouvelle dimension à mon travail.

 

On dit que lorsque vous vous produisiez au Minton ‘s, vous jouiez ces drôles de notes sur des drôles d’accords pour décourager les musiciens en visite de monter sur scène...

Je dois avouer que c’est arrivé. Mais Thelonious Monk, qui jouait du piano au Minton’s, a toujours joué des accords étranges. C’est un compositeur naturellement étrange. Parfois, il se mettait au piano et s’endormait. Il fallait le pincer pour le réveiller. Je vais vous dire une chose : si vous ne connaissez pas les accords d’un morceau, n’essayez pas de le jouer avec Thelonious Monk : il peut très bien laisser seize mesures défiler avant de plaquer un accord ! Monk n’est pas un vrai pianiste. Il produit des sons. Ce n’est pas un joueur de piano mais un sonneur de piano. Il le fait sonner. Il est le premier pianiste que j’aie entendu jouer un accord de sixte mineure.

En 1945, au cours d’une séance d'enregistrement historique avec Charlie Parker, vous avez joué du piano.
Je crois que Monk devait être le pianiste de la séance, mais il ne vint pas. J’étais là en visiteur - le trompettiste était Miles Davis -et c'est pourquoi j’ai joué du piano.

 

Le pianiste Argonne Thornton joue dans certaines « prises »...

Oui, je crois qu’il est arrivé en milieu de séance. C’est moi qui joue dans Billie’s Bounce et Thriving on A Riff; dans Koko, je joue aussi du piano mais également de la trompette parce que Miles Davis ne connaissait pas l’introduction. Après l’intro, je me suis précipité au piano pour accompagner Bird. En fait c’est moi qui ai montré aux pianistes comment il fallait accompagner. Je leur ai montré comment abandonner le « Oomp-chaw/Oomp-chaw ». Et je puis dire que tous les batteurs sont mes élèves, à part Kenny Clarke. Il était et il est le maître ! Tous les autres, ceux qui sont venus après Kenny, sont mes élèves.

 

Même Max Roach?

Tous ! Kenny dit que j’ai montré les trucs qu’il avait inventés à tous les batteurs pendant qu’il était à l’armée. Mais quand vous entendez un batteur jouer en 6/8, ça vient de moi ! J’ai appris des tas de choses de Chano Pozo, le percussionniste cubain, et je les ai adaptées à la batterie normale. J’ai montré ces trucs à Charlie Persip qui les a enseignés aux autres batteurs. Je crois que ma participation à l’évolution du rythme en jazz a été essentielle. Les rythmes latino-américains sont plus complexes que les rythmes africains. Si vous pouvez les comprendre, vous êtes sauvé ! Au Brésil, par exemple, je me sens chez moi. Je n’ai jamais été dérouté par aucun rythme, d’où qu’il vienne.

 

Quand vous êtes-vous familiarisé pour la première fois avec des rythmes sud-américains?
Quand j’étais avec Cab Calloway, juste avant la guerre. Tous les musiciens sud-américains qui venaient à New York me connaissaient. Ils m’appelaient « Padre » ou « Dixie ». Lorsque Candido est arrivé en ville, je l’ai emmené au Downbeat Club où jouait le trio de Billy Taylor. Le batteur, Charlie Smith, avait une conga. Je lui demandai si Candido pouvait jouer un peu. Charlie hésita. Je lui dis alors : « Dis donc, mon vieux, ce gars peut jouer mieux que toi : c’est un maître ! » Candido joua et fut engagé sur-le-champ; il resta un an et neuf mois dans cette boîte!

 

Qui vous a présenté Chano Pozo?

Mario Bauza me l’a envoyé. Mario, qui était trompettiste chez Chick Webb, était comme mon père. C’est lui qui m’a fait rentrer chez Cab Calloway. Il me dit que Chano était le maître de la percussion latino-américaine mais qu’il ne parlait pas un mot d’anglais. Je luis dis : « Du moment qu’il joue je m’en fous ! » Certaines choses qu’il jouait, je commence seulement à les comprendre aujourd’hui. Et il est mort en 1948 ! De plus, c’était un bon showman.

 

Vous aussi vous êtes un bon showman. Pensez-vous que le show ajoute quelque chose à la musique?
Oui. C’est une chose qui a été négligée, et c’est dommage. La présentation, le sens du spectacle, l’art d’amuser et d’intéresser les gens est important. Je ne veux pas de gars qui montent en scène, jouent 93 chorus, puis vont s’asseoir. Si je ne peux pas créer quelque chose en huit mesures, je ne pourrais rien créer en deux heures. C’est ça le jazz. Un jour, j’ai demandé à Coltrane pourquoi il jouait si longuement. II me répondit que ça lui prenait beaucoup de temps pour se chauffer ! Parker n’a jamais joué de long solo et, cependant, disait ce qu’il avait à dire. En deux mesures.

 

Vous n'aimez donc pas la musique de John Coltrane...

Lorsque je l’ai entendu pour ta première fois, c’était trop de choses à la fois pour que je puisse les digérer. Mais tous les saxophonistes l’aimaient : il devait donc avoir quelque chose. Cinquante mille saxophonistes ne peuvent pas se tromper!

 

Que pensez-vous de la musique de Miles Davis, aujourd'hui?

Récemment il me demanda : « Qu’est-ce que tu en penses ? » Je demandai : «Qu’est-ce que c’est ? Explique-moi ta musique ! » Il me dit : « Fais pas l’idiot, tu sais ce que c’est ! » Je répondis : « Non, explique-la moi, nous avons neuf heures devant nous ! »

 

Pensez-vous qu'Ornette Coleman soit, aujourd’hui, aussi important que l'était Parker à son époque?
Personne ne peut être aussi important pour notre musique que Parker. Son empreinte durera deux cents ans, et c’est une estimation prudente.

 

Mais aimez-vous Ornette ?

Je n’ai guère prêté attention à Ornette jusqu’à ce que l’on me donne un disque enregistré en concert au Town Hall de New York : c’était excellent. Il y joue à l’alto des choses très différentes sur des séquences harmoniques. Je peux suivre ce qu’il joue mais, malheureusement, la section rythmique n’est pas à la hauteur.

 

Que pensez-vous de la liberté totale en musique?

La liberté sans organisation, c’est le chaos. Lorsque nous avons fait évoluer le jazz et inventé ce que l’on appelle le be-bop, nous n’avons pas voulu nous couper totalement de ce qui avait été fait auparavant. Nous avons additionné tout ce qui avait été fait et l’avons transformé. Une sorte de culmination. Maintenant il est temps d’aller plus loin que nous l’avons fait mais en tenant compte des règles que nous avons établies. C’est ce que doivent faire les jeunes musiciens. Mais s’ils veulent faire quelque chose de neuf en partant de nulle part, ils se casseront la gueule. Je n’en veux pas aux musiciens qui ne jouent pas dans mon style car je sais que celui-ci ne durera pas. Je n'ignore pas que la musique, pour rester vivante, doit évoluer.

 

Ecoutez-vous de la musique classique?

Rarement. J’aime Ravel, Stravinsky. Ce qui m’ennuie dans la musique classique, c’est que les musiciens n’improvisent plus. L’improvisation est ce qu’il y a de plus important. A cause de la spontanéité.

Aimez-vous le rock?

Bien sûr ! Je suis un fanatique de rythme ! Un jour, j’ai appelé James Brown et je lui ai dit: "Tu as besoin de moi ! Faisons un disque ensemble !" Il était d’accord mais ça ne s’est pas fait parce qu’il est une énorme vedette. Son manager vint me voir et me demanda pourquoi j’avais besoin d’enregistrer avec James Brown. Je lui ai dit que c’était James qui en avait besoin ! Il a dû être vexé. J’aime le rock. C’est une musique valable.

 

Etes-vous un homme heureux?

Bien sûr ! Je suis plus heureux qu’un pédé dans un camps de boy-scouts ! Plus heureux qu’un chat à deux têtes dans un marché aux poissons ! Yeah, je suis heureux!

 

Propos recueillis par Phil Woods et Jean-Louis Ginibre 1970, Jazz Magazine 1993, N°423

Afrikara

Commentez cet article
  Nom*   
  E-mail :  
  Sujet :  
   
  Message*  
   
  Votre humeur  
Neutre Idée Question Etonné(e)
Trop drôle Mort(e) de rire Content(e) Clin d'oeil
Attristé(e) Pas content Triste Confus
Dubitatif Cool(e) Honteux Surpris(e)
rire

 
  Copyright © Afrikara.com . Tous droits réservés. R&eacute;alisation <a href="http://www.sakini.com" target="_blank" alt="Toute la Martinique" class="menu">SaKiNi.Com &reg;</a>