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Olaudah Equiano : Affranchi, abolitionniste et auteur d’une autobiographie à succès, par Dr Régine Mfoumou-Arthur 
04/11/2007

Né vers 1745 dans l’actuel Nigeria, Olaudah Equiano a connu au XVIIIe siècle une vie trépidante et paradoxale, passant de la condition servile à celle d’affranchi, puis devenant un pétitionnaire remarqué pour l’Abolition de l’esclavage. En 1788, il présente une pétition contre l’esclavage à la Reine Charlotte Il touche au sommet de sa notoriété en Angleterre après la sortie en 1789 de son autobiographie, The Interesting Narrative of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa. The African. Written by Himself. L’ouvrage connaît un tel succès qu’avant la mort d’Equiano, en 1797, neuf éditions actualisées ont été publiées et trois traductions effectuées (hollandaise en 1790, allemande en 1792 et russe en 1794). Si la vie de cet homme permet de relativiser grandement la lecture traditionnelle de l’abolitionnisme blanc, et donne à découvrir les zones d’entre-deux entre la chose esclave et le Nègre affranchi pas tout à fait égal du Blanc, son autobiographie fut aussi porteuse d’un réel intérêt.

On peut aisément s’imaginer qu’avec la parution de son autobiographie, Equiano crée une surprise pour ses contemporains anglais. Premièrement, parce que son récit offre à ces derniers une vision différente de l’esclavage, où les idées reçus et les préjugés établis sur les natifs d’Afrique sont renforcés, uniquement dans le but de mieux les combattre. En effet, par des données anthropologiques et culturelles, Equiano redéfinit l’esclavage en Afrique qu’il oppose au traitement que les planteurs des Indes Occidentales réservent à leurs esclaves. En témoin oculaire, il décrit le rôle des monarques et intermédiaires africains qui pratiquent l’esclavage, mais souligne que leurs actes n’égale en rien la cruauté qu’il rencontre une fois à bord du négrier. Dans les deux derniers chapitres du récit, il décrit l’existence d’un réseau commercial sur la place du marché de son village où ces intermédiaires africains[1], Oye-Eboe, viennent échanger les biens obtenus des Européens (fusils, poudre à canon, chapeaux). L’intérêt de ces observations est de démentir les idées pro-esclavagistes qui servent à justifier l’esclavage en Europe. Mais ce faisant, Equiano démontre son attachement à l’Afrique malgré l’acculturation et le biculturalisme dont sa personnalité est désormais marquée du fait de sa captivité et de son arrivée en Occident. Pour autant, il ne semble pas opter pas pour l’ordre socioculturel occidental. C’est aussi pour cela que ses prises de positions, mais surtout ses comparaisons des Chrétiens et des non-Chrétiens, des individus libres et des esclaves, et pour aller plus loin dans le thème majeur de la lutte abolitionniste, des civilisés et des sauvages, à savoir des blancs et des noirs, prônent clairement une représentation très idéaliste de l’Afrique. Pour Equiano, l’Afrique qu’il a connu ne ressemble en rien à ce que les explorateurs européens pro-esclavagistes ont décrit : il s’agit d’un lieu édénique où les indigènes suivent des traditions culturelles et religieuses fort différentes de celles des Européens, et vivent aussi convenablement que les Européens, car ils se suffisent à ce que leur procure la nature. Parallèlement à cette vision, l’action des Européens en Afrique est présentée comme un système de pillage où l’esclavage sert de vecteur à l’entrée d’armes à feu (objet de destruction) mais aussi d’autres produits à l’intérieur de l’Afrique. Par ces attributs, son ouvrage se présente comme un récit introductif du récit d’esclave qui connaît son apogée dans la littérature américaine du XIXe siècle.

En ce qui concerne l’aspect littéraire de l’ouvrage, force est de noter qu’Equiano demande à son lecteur, dès les premières pages, d’être indulgent envers lui, du fait de ses limites. Son but est de parler instinctivement de son expérience et non de produire une œuvre littéraire ! Sa spontanéité est évidente dans les deux premiers chapitres essentiellement où ressort le caractère oral de l’ouvrage, qui va au-delà de la revendication de l’africanité de l’auteur. En effet ces chapitres révèlent une ambivalence stylistique indéniable, qui soulève, depuis la première parution de l’ouvrage, la question de l’authenticité du récit d’Equiano, car sur les deux volumes qui composent l’ouvrage, seuls ces chapitres sont écrits dans un style radicalement différent des autres. On trouve dans ces deux chapitres un enfant qui raconte son expérience : vocabulaire simplifié, répétions du “ and ”, phrases très longues, etc., tandis que, dès le troisième chapitre, l’usage de la rhétorique, en particulier, est révélateur de l’existence de deux styles différents le langage (le narrateur est devenu adulte).

Par ailleurs, en usant d’une structure tripartite qui caractérise l’autobiographie spirituelle, Equiano fournit à son récit plusieurs influences de diverses écoles populaires de la littérature anglaise des Lumières. C’est pour cela que ses descriptions sont comparables à celles de Daniel Defoe (voir Robinson Crusoe) ou de Jonathan Smith (Captain Singleton).

Le caractère particulier de l’ouvrage demeure dans la juxtaposition de deux thèmes principaux : le récit historique et le récit littéraire. On peut difficilement les dissocier dans cet ouvrage, d’une part, parce que la réalité historique sur laquelle cet ouvrage s’appuie est avant tout celle de l’esclavage et ses conséquences sur la diaspora noire d’Europe et des Indes Occidentales au Siècle des Lumières ; d’autre part, les nombreuses dates importantes pour l’histoire de la marine anglaise s’inscrivent dans la lignée de son odyssée.

Dans tous les cas, ce qu’il faut retenir de l’ouvrage d’Equiano c’est que ce récit est la base d’une quête identitaire qui se manifeste tout au long de la vie de l’auteur et qui se confirme après son affranchissement. Par son autobiographie, Equiano affirme que malgré sa mise aux fers, il n’a jamais perdu le contrôle de sa vie, il est resté libre et son propre maître. C’est pour cette raison qu’il décline son identité sur la couverture : Olaudah Equiano (son nom de naissance) est suivi par Gustavus Vassa (nom d’esclave qui lui a été imposé) et enfin, son identité (The African) !

Régine Mfoumou-Arthur

Docteur en Littérature [Sorbonne]

Auteure de Olaudah Equiano ou Gustavus Vassa l’Africain – Le passionnant récit de ma vie [L’Harmattant, 2002], traduction française de The Interesting Narrative of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa. The African. Written by Himsel, et d’une version abrégée [L’Harmattan, 2005].



[1] Ces intermédiaires travaillaient souvent pour les Européens qui n’osaient pas s’aventurer à l’intérieur du territoire à la recherche d’esclaves. Ils parlaient la langue des Européens et celles des indigènes ; aussi profitaient-ils, pour empêcher la rencontre des uns et des autres, de faire croire à chaque partie que l’autre était cannibale).

Afrikara

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