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Economie sur Afrikara
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  Lomotte : ( 28 Juin 2010 08H45)
Dimanche 27 juin 2010: France 2 diffuse un repportage valorisant les bienfaits de l'implantation d'une exploitation d'uranium d'Areva en Namibie. Il [lire la suite]
  almoustapha alhacen : cooperation ( 23 Juillet 2005 10H46)
bo njour merci pour votre site.
  Dilo : AREVA ( 03 Mars 2005 21H54)
Merci Saley de cette info capitale pour ceux ignorent ce qui se passe dans la Françafrique. Il faut que la Société civile nigérienne se réveille, car [lire la suite]
  SALEY SEINI : areva ( 03 Mars 2005 04H34)
Je vous remercie d'avoir écrit cet article sur un milieu que je connais bien pour y avoir effectué 2 stage. C'est d'autant plus grave que après 10 ans [lire la suite]
  NZUNGA Mbadi : Extraction à haut risque d' uranium africain ( 01 Mars 2005 15H33)
Cet article éveille à la vigilance sur la protection de la santé publique en Afrique.
  Dilo : Extraction à haut risque. ( 01 Mars 2005 12H03)
Encore une fois africara.com tire la sonnette d'alarme qui, souhaitons-le va réveiller les dirigeants nigériens malgré le manque de moyens.
Avec un [lire la suite]
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Extraction à haut risque d’Uranium Africain : L’exemple inquiétant d’Areva au Niger 
01/03/2005

L’extraction de l’uranium africain par les multinationales occidentales pose le problème extrêmement sensible du traitement des déchets radioactifs pendant et après l’exploitation des mines, gestion des pollutions durables non visibles dans l’espace référent occidental. La pratique actuelle fait craindre le pire tant les Etats africains sont dépendants de leurs matières premières et d’une géopolitique post et néocoloniale qui valide les exécutifs nationaux, alors qu’ils ne disposent d’aucuns moyens technologiques et financiers pour faire face aux millions de tonnes de déchets générés par la production minière. Le Niger, avec la présence prépondérante du nucléaire français via Areva - ex-Cogema- semble être l’exemple le plus caractéristique actuellement de ce qui pourrait être une irradiation de masse en cours en Afrique.

 

Ancienne colonie française, le Niger est un pays d’Afrique sahélienne de plus de 10 millions d’habitants pour une superficie aride d’environ 1,2 millions de kilomètres carrés limitée par l’Algérie, la Libye, le Mali, le Nigeria, le Burkina Faso, le Bénin. Pays agricole très pauvre selon les indicateurs économiques classiques, inférieur en niveau de développement à la moyenne africaine, le Niger dépend presqu’en totalité de ses exportations de produits primaires, uranium, et récemment or notamment. L’essentiel du commerce extérieur de ce pays est orienté vers l’Union européenne et en particulier vers la France.

 

La dépendance à l’uranium est importante, elle recule certes mais elle a pu se monter à 70% des exportations dans les années 70, ce qui a entraîné des mésaventures économiques sévères lorsque les cours se sont affaissés. Le groupe français Areva, géant mondial du nucléaire civil exploite deux mines d’uranium au Niger via deux filiales de la Cogéma, Somaïr et Cominak, ce depuis respectivement 1971 et 1978. Il est l’acteur principal de l’activité minière dont il tire annuellement 3000 tonnes de concentré d’uranium essentiels à l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises.

 

Depuis près de trois décennies d’extraction d’un minerai aussi sensible du point de vue de la santé publique la Cogéma devenue Areva ne dispose pas -ou ne publie pas- d’études scientifiques sur l’impact de son activité sur les populations locales, se bornant à mettre en avant la création d’emplois et la construction de deux hôpitaux à sa charge.

Une ONG locale, Aghir In’ Man [bouclier vivant] s’alarme de la recrudescence à Arlit, un des sites d’extraction, d’hypertensions, de diabètes, de typhoïdes, de grossesses difficiles etc. Les 1600 employés et les 30 000 habitants de la région craignent pour leur santé et les signes peu rassurants que beaucoup semblent relever autour d’eux. Selon Almoustapha Alhacen, le président de cette ONG, une partie de la faune, gazelles, autruches entre autres a presque disparu. Et il y a des déchets radioactifs à ciel ouvert. Les hôpitaux locaux appartenant à Areva, l’ONG, les employés et la population exigent une étude indépendante.  

L’ONG internationale Sherpa [réseau international de juriste qui travaille avec les ONG] qui s’est rendue au Niger confirme les raisons sérieuses de s’interroger sur l’origine des problèmes de santé des populations africaines.

Areva s’abrite derrière l’affirmation que les mêmes normes sont respectées au Niger comme au Canada et en Europe qu’il s’agisse des conditions de travail ou des critères de radioprotection des employés, mais n’excipe d’aucune preuve irréfutable… Cela relèverait quand même du miracle tant la pratique occidentalo-africaine marquée par une déflation dans l’application des normes sanitaires, de sécurité, d’éthique est une des règles de base d’accumulation prédatrice des multinationales implantées dans les pays pauvres et/ou peu démocratiques. D’une certaine façon, c’est l’avantage comparatif des démocratures que d’offrir des législations incomplètes ou contournables à souhait, lâches, des administrations en demande active de corruption, des niveaux de compétence et d’expertises suffisamment faibles ou poreux pour permettre une exploitation sauvage des produits primaires. Un groupe accusé dans son propre pays de pratiques irresponsables comme le transport à travers toute la France par camions et par trains de matières nucléaires telles que le très dangereux plutonium, convaincu de contaminations régulières de l’environnement retrouverait-il par l’opération du saint capital tropical une vertu monacale en terres africaines ?

L’expérience gabonaise ne plaide pas pour cette version de l’histoire des prédations des firmes globales puisque après près de 40 ans [1960-1999] d’exploitation par la Cogema de l’uranium de ce pays, les autorités se sont retrouvées démunies face à des millions de tonnes de déchets radioactifs générés par 27 000 tonnes de production cumulée. On ne peut au passage louer la prévoyance des dites autorités mais l’ombre de la françafrique et des réseaux de préservation occulte d’une lecture archaïque des intérêts français plane là encore.

 

Il convient de rappeler que Areva n’est pas un acteur comme un autre dans l’exploitation minière, et moins encore au Niger qu’ailleurs. Principal producteur d’uranium concentré à raison de 3000 tonnes annuelles indispensables à la stratégie nucléaire hexagonale, il serait inconvenant que cette major se plie docilement à des contrôles externes, impersonnels et des évaluations produites par des acteurs indépendants d’elle. Voici comment le communiqué du 18 décembre 2003 de la CRIIRAD [Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité] décrit la position de cet Etat dans l’Etat,  Areva au Niger, à la suite d’une mission épique menée in situ :

 

Les activités de la Somaïr et de la Cominak échappent largement au contrôle de l'Etat nigérien. Le ministère des Mines est sous-équipé et doit se contenter, pour l'essentiel, de lire les rapports établis par les exploitants. Le Centre National de Radioprotection, initialement créé afin de surveiller l'impact radiologique et dosimétrique des activités minières a vu son champ d'intervention circonscrit aux établissements hospitaliers. Le suivi des mineurs est effectué, pour le compte des sociétés, par la société ALGADE (ex CRPM - centre de radioprotection des mines - filiale 100% de la Cogéma).

Question transparence et indépendance des évaluations on a vu beaucoup mieux ! Areva ne se gausse t-elle pas de fournir les services de santé au standard le plus élevé au Niger en affirmant que grâce à ses deux hôpitaux où les soins sont dispensés gratuitement, Arlit est «la région où les populations du Niger sont les mieux soignées» ? Soignée contre le paludisme ou contre les effets de la radioactivité ?

 

Il n’est pas certain que l’intervention de l’Autorité de la Sécurité Nucléaire [ASN] saisie de cette préoccupante affaire soit à la hauteur de l’enjeu, elle dont l’efficacité et l’impartialité sont souvent mises en défaut par les antinucléaires et les associations. La mission menée par la CRIIRAD et le SHERPA en décembre 2003 au Niger s’est passée dans des conditions abracadabrantesques, avec pressions diverses et confiscation de matériel de mesure, tentatives de Somaïr et Cominak de faire reporter la mission, ce qui en dit long sur les pratiques locales d’Areva…

Pourtant il a été possible de mettre en évidence l’absence quasi-totale de gestion des déchets, les stériles -déchets d’extractions du minerai-, les résidus -déchets d’extraction de l’élément uranium- particulièrement radiotoxiques s’amoncellent à l’air libre accessibles aux humains comme aux animaux. «Les sociétés minières n'ont même pas fait l'effort de creuser le sol pour y enfouir les déchets et les protéger un minimum de l'érosion éolienne » continue le rapport de mission de la CRIIRAD qui note que les ordures des cités minières sont déversées à même le sol aux abords immédiats des villes d’Arlit et d’Akokan, à la rencontre d’une intense activité sociale et animale d’alimentation et de récupération […].

 

L’exploitation de l’uranium au Niger par Areva, la firme française, ressemble compte tenu des évaluations qualitatives qui devront être urgemment confirmées, au sacrifice d’une population sur l’autel des intérêts du lobby pro nucléaire français. Depuis près de trente ans d’activité en position archi dominante, Areva n’est pas en mesure de donner des garanties scientifiquement validées sur la qualité radiologique des eaux souterraines, la consommation des aliments susceptibles d’être contaminés, la très inquiétante dispersion des ferrailles contaminées recyclés vers une économie locale de récupération -construction de maisons, artisanat de récupération…

 

A moyen terme les questions de la destination des résidus radioactifs accumulés sans protection se poseront de façon crue, tout comme la gestion et le financement des déchets dont la dangerosité va durer probablement des centaines de milliers d’années. Les autres effets externes tels que l’assèchement de la nappe phréatique fossile devront faire l’objet d’une politique adéquate gagnant-gagnant.

En dehors d’une prise de conscience impérieuse par les Africains et les Français concernés par les pratiques prédatrices de leurs entreprises dans le monde -car à terme de sérieuses distorsions de relations internationales pourraient compenser le déficit d’éthique et de responsabilité d’aujourd’hui-, il y a peu de chances que des mastodontes économiques bénéficiant de leurs positions dominantes mutent spontanément. C’est à l’innovation dans les mobilisations, théoriques, médiatiques, politiques, économiques, culturelles que l’on devra l’imposition de l’éthique et du respect humain [même en Afrique] au capitalisme radioactif. 

 

 

Voir : www.criirad.org

Ze Belinga

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