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Société & Politique sur Afrikara
Les derniers commentaires
  SANTINIJAMES : YOKA CHOC ( 29 Juillet 2008 10H01)
très intérressant de voir de gens de divers horizon s'interresser à la musique africaines et précisément congolaise Bravo!!
  Mantezolo Jayci Djoris JC : Yoka Choc ( 24 Septembre 2007 14H49)
Franchement, il y a rien à dire. Ils assument et assurent.
  franklin love mok : salutations & demande ( 31 Mai 2007 16H32)
je suis un étudiant congolais à dakar,auteur de plus de 50 textes des chansons en lingala & en français,je chercheles chanteurs.mais aussi un bon pr [lire la suite]
  Kelly Bila : Video Yoka choc Bana ya kin bana ya japon ( 24 Décembre 2006 23H12)
Je suis tres curieux de decouvrir ce groupe.
Ou pourais je me procurer de leurs CDs,DVDs ou cassettes video?
  christophe : YOKA CHOC ( 22 Octobre 2006 02H20)
de nouvelles perspectives pour toi et Nseka ?
  gracia : congolaise ( 14 Juin 2006 12H51)
bounjour
bana mboka na za nasengo mingi
mboka congo embongi totiya elikia epai
yazambe tokolonga totika
  bicaise : le rythme de la rumba ( 31 Mai 2006 12H56)
Bonjour.
Pouvez-vous me donner quelques indications sur la notation rythmique de la rumba congolaise?
le tempo est binaire. quels sont les éléments [lire la suite]
  Lali mouche : ( 14 Avril 2006 20H32)
Lol,
ca mettera de la fierté aux congolais...
C'est bien et maintenant ils ne restent plus qu'a faire une chose...
LES COLONISE !!!
  Edo : yoka choc ( 17 Mars 2006 05H56)
Je suis congolais, j`habite les usa, j`ai un couple d`ami japonais, je leurs ai parlé de yoka choc, ils sont trés interessés d`en savoir plus, pouvez [lire la suite]
  Luyeye : commentaire ( 07 Février 2006 13H36)
Coup de chapeau pour cette performance sortant de l'ordinaire et là,la culture nous unit et se resume en un seul mot:BONHEUR,BONHEUR,BONHEUR.Bravo YOK [lire la suite]
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Afrikara rend hommage au grand Homme qu'était Aimé Césaire. Que représentait pour vous Aimé Césaire?
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Yoka choc and the Congo disease : Groupe 100% japonais pratique la rumba congolaise ! 
04/07/2006

En Europe on dit volontiers les asiatiques fermés, imperméables, impénétrables, drogués au travail et quoi d’autre de peu d’affabilité. Pourtant aussi curieux que cela puisse paraître, le Congo musical a mis ce super dragon de Japon en état de …Choc culturel ! Le groupe japonais Yoka Choc qui en est l’illustration et le prototype est un authentique groupe de rumba congolaise, qui défend son art avec les arguments de tous les professionnels du genre. Réflexions.

 

Ses artistes, passionnés de leur musique congolaise ne lésinent ni sur les solos de guitare ni sur les chorégraphies pour rivaliser avec les grands de la scène Ndombolo kinoise ! Interviews en lingala, leur langue professionnelle dont ils éprouvent toutes les peines à se séparer. Quand ils sont de passage à Paris, ils s’expriment déjà dans la langue de la rumba et exigent de manger congolais, dans les nganda [boui-boui congolais rappelant ceux de Kin ou de Brazza].

 

Lors d’un de leurs transits européens, les membres du groupe devisaient en lingala avec des congolais venus les accueillir. A l’aéroport français les policiers et journalistes présents étaient convaincus qu’ils avaient à faire à des Japonais parlant avec des Congolais maîtrisant le japonais... Puisque en bonne colonialité cela ne pouvait pas être le contraire.

 

Yoka Choc met un peu tout le monde en état de choc culturel, mais aussi de choc intellectuel. Ces musiques congolaises, ces artistes si familiers aux Africains, Antillais, sont tellement proches que leurs performances malheureusement en deviennent banales. On n’en retient au final que les aspects anecdotiques, même sérieux, mais qui ne se distinguent pas nécessairement des bonnes et mauvaises façons du show biz en général…

 

Il sera bien difficile de remplir les plus grandes et plus prestigieuses salles dans les années actuelles sans le support des grosses machines de communication, de méga partenariats avec les gazettes de faits divers, et les vrais faux scandales qui captivent un public durant la promotion des dates importantes. Des artistes locaux comme Johnny Hallyday s’y prennent facilement un an avant pour s’attaquer aux 17 000 places de Bercy, d’autres de notoriété internationale ne se risquent pas vers des arènes aussi gigantesques. Les Congolais Olomidé, Werra Son, JB Mpiana, Wemba ont eux, avec le bouche à oreille et le marketing en langue vernaculaire osé et réussit le pari.

 

Dans les années 80 déjà, Zaïko Langa Langa avait fait un carton au Japon, Papa Wemba aussi, démontrant la vitalité et la puissance extra continentale de la rumba congolaise avec ses changements de modes, de danses, d’animations. L’Afrique depuis longtemps conquise avait donné la route aux Z afin qu’ils portent la bonne nouvelle au-delà du continent. Chose faite. Aux Africains de retenir la leçon. Ils ne peuvent pas toujours être les derniers à relever et accorder la place qu’il faut à leurs meilleurs atouts, à leurs succès culturels, intellectuels, politiques, économiques, …

 

Yoka Choc montre bien que ces cultures faussement données comme antagonistes, éloignées, aux valeurs opposées, frugalité contre lascivité, n’en sont que simplement humaines. Simplement interconnectables, simplement fraternelles et fabriquées en amont avec les mêmes appareils de communication, les mêmes énergies, la même nature de capital d’amour, d’échange, de ressemblance, de dissemblance aussi.

 

Petite prédiction en mode fiction. Demain Yoka Choc devenu le groupe star mondial de rumba congolaise, les Congolais n’ayant pas davantage de considérations aux yeux des leurs ni des autres, l’aliénation des dominés les ayant conduits à investir le hard rock, que nous dirons les critiques et commentateurs des grands magazines spécialisés ? Comme Paul Simmon on apprendra que cette synthèse musicale est proprement japonaise, teintée de musique européenne et on discutera de savoir pourquoi il y aurait des similitudes accidentelles avec certaines zones d’Afrique non réellement identifiées. Ainsi qu’il en est du blues et du jazz dont les acteurs, les musiciens, les inventeurs ne se lassent pas de répéter qu’ils viennent d’Afrique, que leur musique vient d’Afrique, alors que les spécialistes universitaires, grands dévoreurs de paperasses et de sapiens pontifient sur le caractère intra et uniquement américain de ces musiques…

Johnny Clegg sera ainsi plus représentatif que qui que se soit en matière de musique zulu, que dire, de musique sud africaine, bref de musique africaine.

Le temps passant l’histoire de la musique, les Africains érudits n’enseigneront et ne retiendront que l’invention moderne de la musique zulu, du blues, du jazz, de la rumba congolaise, par des Caucasiens, des Irlandais passionnés de musique traditionnelle de leur terroir, ou par des génies fous -blancs s’entend- qui en dehors de toute influence connue auraient été traversés par la fulgurance de l’Esprit du Créateur lui-même. D’ailleurs le nom rumba congolaise dérivera bientôt de la référence plus que probable à un voyage qu’aurait fait un explorateur japono-portugais à Mbanza Kongo. Contraint d’apprendre aux indigènes des rudiments de langue lingus alaüs [ancêtre portugais du lingala] pour communiquer avec eux, amusé devant les gammes pentatoniques approximatives locales, il devait trouver un moyen musical pour leur apprendre ce qu’ils essayaient de faire depuis des siècles. La rumba naissait. Puis, plus tard une équipe de missionnaires devait découvrir les traces effacées du passage de notre trop probable inventeur inconscient et n’en rendrait que le millième au public. Une belle histoire de métissage culturel, d’échange des civilisations, du zembla musical.

Bien sûr toute ressemblance avec la fabrication de l’histoire contemporaine de l’Afrique ne pourrait être que fortuite. Esprits pinailleurs et chagrins, N’allez surtout pas songer aux royaumes négro-africains d’Egyte antique !

 

Pour l’heure n’hésitez pas à vous procurer un sain traumatisme japono-congolais avec l’album du groupe mythique Yoka Choc du Japon sous-titré Chants Lingala, Banakinshasa, Bana Japon, distribution Rythmo Disc, 1998, Yoka Choc Production.

Une vidéo de cette étrangeté culturelle vous permettra de voir le leader du groupe donner une interview en lingala ou lancer des animations en bon banzaï atalaku : Maboko likolo mabokolo likolo, ce à quoi la star Koffi Olomidé répond Handz eupe, traduisons Hands Up !  

 

 

 

 

 

Paru le 23.05.05 

Vidéo de Yoka Choc sur scène : http://www.afrique.tv/co/YOKA/clip06hi.htm

Ya Nze

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