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Histoire sur Afrikara
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  ive : humeur ( 07 Novembre 2005 16H43)
chui tre en coler!!!ooooooc chian!!!!!
  Rajaonah : Ravalomanana et 1947(a traduire) ( 25 Juillet 2005 15H19)
Tena menatra aho

Tena menatra aho Andriamatoa Filoham-pirenena
Fa ianao izay voafidy mba hisolo tena anay
No manimbazimba ireo nitaky fahaleovant [lire la suite]
  m : ( 24 Juillet 2005 14H02)
merci pour cet article très instructif.
  TRAORE : Massacres coloniaux à Madagascar ( 23 Juillet 2005 14H50)
C'est avec une immense joie morale que j'ai lu cet article qui met à jour la vraie et effroyable face de l'impérialisme français qui a et continue de [lire la suite]
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Afrikara rend hommage au grand Homme qu'était Aimé Césaire. Que représentait pour vous Aimé Césaire?
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1947 Massacres Coloniaux à Madagascar : Pseudo Hommage français et Continuité négationniste 
22/07/2005

La visite du président français à Madagascar a débuté par un numéro de vrai-faux en repentance exécuté par un homme politique qui en la matière ne s’en est que rarement laissé compter. En effet une visite officielle dont le but affirmé était de resserrer des liens françafricains distendus après le rejet populaire de Didier Ratsiraka, ex-président à vie ami de la France en 2002 au profit de Marc Ravalomanana, se devait de s’honorer de quelques gâteries, même superficiellement autocritiques. Qu’importe du moment que l’essentiel était bien ailleurs.

 

Le président français qui est arrivé à Madagascar le 21 juillet 2005 à la tête d’une délégation d’une quinzaine d’entreprises françaises désireuses de brasser des affaires avec la Grande Ile a laissé échapper quelques trompe-l’œil qui raviront certainement les élites africaines mendiantes et décérébrées, en recherche de rentes et en exception permanente d’horizon collectif transcendant. «Il faut évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial. En 1947, le sentiment national montait sur la Grande Ile où s'enchaînèrent des événements tragiques. Rien ni personne ne peut effacer le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui perdirent injustement la vie et je m'associe avec respect à l'hommage qu'ils méritent», a déclaré le président français, lors du dîner de gala offert par Marc Ravalomanana le président malgache.

Le tout enguirlandé de propos grandiloquents sur les réconciliations, les hauts et les bas de l’histoire, le refus de l’oubli et autres phraséologies appuyées. Le président français faisait référence à un des massacres coloniaux les plus meurtriers que la France ait commis en 1947, lorsque l’armée coloniale réprima dans le sang entre 89 000 et 200 000 résistants à l’impérialisme.

Il est heureux que six mois après que le parlement de son pays se soit doté d’une loi colonostalgique prototype le 23 février 2005 faisant injonction aux historiens de la république d’investir dans une propagande d’école le « rôle positif » de la colonisation outre-mer, le président français mentionne ce qu’il appelle pudiquement les « dérives du système colonial ». La loi du 23 février votée à l’instigation du groupe parlementaire majoritaire [UMP] dont il est issu ne dit pas autre chose que l’exact opposé du garant des institutions françaises… Peut-être le premier magistrat de France n’est-il pas au courant des activités oiseuses de son législateur ? Ou alors il y a-t-il un discours « bwana » à usage des gentils malgaches gobe-tout, empaqueté localement pour eux et sans cours légal en hexagone où les choses sérieuses se passent ?

Il ne faut pas avoir les neurones montés à la vitesse supersonique pour comprendre que la France, tout particulièrement son enclave envahissante la Françafrique, qui s’était farouchement opposée à l’élection par le peuple malgache du président Ravalomanana, se devait de se présenter sous les atours les plus contrits. En 2002 Madagascar était entré en crise politico-militaire suite à l’éviction démocratique de l’ancien autocrate au pouvoir pendant un quart de siècle, soutenu mordicus par la Françafrique et ses agents pathogènes africains. Tentant de contester la volonté populaire, les conservateurs acquis à l’immobilisme du pré carré, nourris des décennies durant au suc enivrant des rentes et affaires aussi juteuses que corrompues ont tenté jusqu’au dernier moment de remettre en scelle un dictateur en bout de course. De guerre lasse, la France a accordé à l’ « amiral rouge » et ex-président dont la fortune est l’inverse et démesurée proportion de celle de ses administrés, un exil politique doré à Neuilly [région parisienne]. Ceci malgré le mandat d’arrêt international lancé contre lui, condamné par contumace dans son pays pour détournement de sept millions d’euros.

La situation de crise politique malgache à laquelle la France avait concouru en 2002 en soutenant un homme politique battu électoralement et honni par les populations, avait fait péricliter l’économie malgache en 2003. Les affaires étant les affaires, quelques pirouettes verbales sont censées faire passer la pilule que de nombreux crève-la-faim n’ont pas supportée qui sont passés brutalement de vie à trépas… Comme le pays devrait bénéficier de l’hypothétique et trop médiatisée annulation de dette promise par le G8, soit sous toute réserve près de 60% de sa richesse nationale -PNB-, il est tant pour les entreprises prédatrices de viser le pactole qui pourrait se libérer… Ce qui n’est pas payé en remboursement pourrait ainsi être dérivé vers une assistance technique ou un de ces projets fumeux, éléphants blancs qui n’abusent ni m’amuse personne.

Une fois resitué la visite de la délégation française à Madagascar, destinée à faire oublier le soutien à l’ancien dictateur et à remettre le pied à l’étrier à la Françafrique, on comprend les états d’âmes feints de la république coloniale. Derrières ces circonlocutions tactiques, la permanence d’une morgue et d’un mépris uniques face à son passé criminel, génocidaire, chaque fois que les victimes sont négro-africaines.

Théorème 1 : La France ne s’excuse jamais face aux pays, dirigeants, peuples noirs d’Afrique et d’ailleurs quelque soit sa culpabilité prouvée dans des atteintes aux droits humains. C’est un principe impérialiste qu’elle est la seule à continuer de respecter à la lettre, toutes tendances politiques confondues. On a connu les excuses belges par rapport au Congo, celles des Américains au Rwanda, celle même de l’Onu. Pour la forme de férocité blanche typiquement française, l’image qu’elle se fait de son rang, l’idée qu’elle se fait de ses ex-colonisés, s’excuser donnerait un avantage psychologique et éthique aux victimes et engendrerait une déferlante de revendications incontrôlables. On ne s’excuse donc jamais !

Théorème 2 : La France mobilise l’érudition des historiens pour minorer et lénifier les coûts et l’impact réels de la colonisation et de toutes les prédations impérialistes. A commencer par le nombre de victimes. A Madagascar le nombre de 89 000 morts malgaches suite à la violence coloniale française passait il y a dix ans pour le chiffre de l’état major français, qui n’avait pas intérêt à des chiffres extrapolés à la hausse. Aujourd’hui invoquant des « historiens » les médias français parlent de 10000 à 15 000 morts, d’autres, pusillanimes offrent au tout venant une fourchette allant de 10 000 à 100 000 victimes malgaches.  Tout est fait pour semer la confusion, et accréditer au sein de ce flou une version a minima des massacres coloniaux. Vu pour les chiffres de la traite négrière transatlantique où en 1998 historiens et politiques parlaient de 30 millions de déportés, en 2005 les mêmes ne parlent plus que de 11 millions d’Africains concernés. Suivez la tendance et dans 30 ans il n’y aura jamais rien eu de semblable à une déportation négrière…

Théorème 3 : La minimisation des massacres coloniaux, le mépris des Nègres qui s’en dégagent se traduit aussi par le refus de l’évocation par les autorités du terme de réparations. Comme monopole ethnique exclusif, il n’est jamais invoqué pour les crimes coloniaux quels qu’ils aient pu être connus et reconnus pour leur ampleur et intensité déstructurantes. A contrario la France qui n’a pas partie mêlée au génocide arménien fait de sa reconnaissance une monnaie d’échange dans les négociations de la Turquie en vue de son adhésion à l’Europe. Bien plus près d’elle, la république reste sourde, hautaine, et fabrique des éruditions de pacotille données pour robustes pour faire écran, se cloîtrer dans l’absurde du négationniste, du déni d’humanité, du mépris.  

Théorème 4 : L’attitude des élites officielles africaines, en danseuse entre mendicité, proternitudes, corruptions et aliénation, relève souvent d’une franche hostilité face à l’évocation de l’histoire coloniale, et aux réparations négrières notamment. Elles se vautrent dans le mutisme quand elles n’affichent pas, sur commande ou anticipant les ordres du maître, une opposition pathologique. Si on se souvient de la position du président sénégalais contre les réparations négrières, celle du président malgache, mérite autant le détour. En rappelant maladroitement qu’il était né en 1949, après les massacres de 1947 et en balbutiant une poussive rhétorique prétendument tournée vers l’avenir, M. Ravalomanana a démontré le peu de cas de son épaisseur politique, humaine, en ignorant le principe de base de la continuité historique, culturelle, spatiale de l’état qu’il dirige :

«Tout ça c'est du passé, moi je regarde l'avenir. [...] Je suis né en 1949, pas en 1947. On ne peut pas oublier ce qui s'est passé mais moi je pense d'abord aux générations futures».

La colonisation a ceci de concentrationnaire qu’elle enferme les esprits même apparemment libérés des fers et chaînes et fait des victimes les plus réfractaires à leur propre libération. Présidents élus démocratiquement compris.  

Pierre Prêche

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