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Histoire sur Afrikara
Les derniers commentaires
  Réponse à halalala : ( 25 Octobre 2005 14H18)
Qui t'a dit que Sassou a fait de longues études. Il n'a pas de diplôme lui.
Et c'est vrai, il vous le confirmera lui-même.
  Temou : s'aimer ( 24 Octobre 2005 22H53)
il faut stoper l'excision de la femme en Afrique, il faut balayer les dictateurs en Afrique,il faut réapprendre à s'aimer en Afrique.
quelques volont [lire la suite]
  AB : ( 24 Octobre 2005 18H40)
Incroyable!!! Le degré d'aliénation des élites congolaises!!! Mais qu'attendre d'un Sassou N'Guesso. Ce type n'est plus à une pitrerie près.

Si tan [lire la suite]
  AB : ( 24 Octobre 2005 18H40)
Incroyable!!! Le degré d'aliénation des élites congolaises!!! Mais qu'attendre d'un Sassou N'Guesso. Ce type n'est plus à une pitrerie près.

Si tan [lire la suite]
  observateur : ( 22 Octobre 2005 18H26)
Quand le pouvoir ne sert qu'à boire de la bière et coucher avec les femmes d'autrui, il ne faut pas s'attendre grand chose. Déjà Sassou, c'est un pauv [lire la suite]
  Kobatchegny : Savourgna de Brazza ( 22 Octobre 2005 14H00)
Quand le Noir ne s'aime pas, comment veut-il se faire aimé par les autres.
Sur tous les continents les Noirs sont les plus à trainer leur mal-être; l [lire la suite]
  Kobatchegny : Savourgna de Brazza ( 22 Octobre 2005 13H54)
Je trouve honteux la réhabilatation de ce Français sanguinaire.
Il faut revenir au passé. Les Congolais ont oublié leur passé; ils ne sauront plus l [lire la suite]
  fred : tit oubli ( 21 Octobre 2005 11H26)
faut bruler tout ces traites
  fred : halalala ( 21 Octobre 2005 11H22)
ca ne m'etonne pas que les congolais soient fasse de telles choses il ce blanchissent la peau pour resembler a leur colomb
encore un bel exemple pour [lire la suite]
  amb3a : La drive des cendres ("centres") ( 20 Octobre 2005 12H30)
C'est la grande drive des cendres.
Me rappelle celles des reliques chrétiennes.

Quand on manipule le passé sans art ni méthode, les cendres s'envo [lire la suite]
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Afrikara rend hommage au grand Homme qu'était Aimé Césaire. Que représentait pour vous Aimé Césaire?
L'un des pères fondateurs de la négritude
l'un des plus grands poètes du XXe siècle
un homme d'action, un militant, défenseur de l'identité nègre
un "éveilleur de conscience" de l'identité Noire
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Le Congo réhabilite le colon Pierre Savorgnan de Brazza : Fraternelle nostalgie de dominé ? 
19/10/2005

Dans un climat politique de surchauffe bureaucratique et de fièvre oligarchique, le Congo officiel est en passe de rapatrier les centres de Pierre Savorgnan de Brazza, l’homme qui a ouvert ce pays, et en quelque sorte l’Afrique équatoriale, à sa patrie d’adoption, la France. Stupeur. C’est aussi à ces grand-messes publiques que l’on reconnaît les nations souveraines au-delà des indépendances formelles. On n’imagine mal dans des pays anciennement colonisés, venus à l’indépendance par la force de réels mouvements d’émancipation ayant irrigué toutes les entrailles des sociétés dépendantes, que des classes politiques, intellectuelles, confessionnelles aient en priorité de réhabiliter la figure d’un pionnier d’une histoire de massacres, de crimes, de pillage, de déni humain. Cela est d’autant moins imaginable connaissant les urgences vitales de l’écrasante majorité des peuples concernés, congolais, gabonais, africains…

 

En février 2005, les présidents français, congolais et gabonais posaient la première pierre du mausolée Brazza au Congo, en hommage à Pierre Paul François Camille Savorgnan de Brazza [1852-1905], français d’origine romaine qui avait ouvert la voie à la colonisation française du Gabon et du Congo notamment, préfigurant l’empire français d’Afrique équatoriale. Que des responsables de pays indépendants louent les grandes figures de la colonisation est pour le moins singulier et pour sûr traduit le décrochage total des élites africaines d’avec les conditions d’existence populaires.  Ce décrochage, qui se comprend parfaitement quand on prend en compte la longévité usante des détenteurs de positions de places, qui elle-même sanctionne des itinéraires où le patriotisme n’a quasiment jamais été requis au contraire, indique fidèlement le degré de conscience historique des pouvoirs néocoloniaux africains.

Cette incapacité des élites africaines en l’occurrence congolaises et gabonaises, à produire une empathie politique avec le corps citoyen et social, n'épargne pas les secteurs externes à la sphère publique. Elle manifeste un trait typique des sociétés crypto décolonisées où l’aliénation, le mimétisme occidental béat, le désert créatif règnent en maîtres par nécessité historique. Comme des « compétences » en soi, requises sur un CV.

A preuve, l’église catholique, à la demande de l’épiscopat congolais en juillet 2005 s’apprêtait à lancer l’étude de la béatification de Pierre Savorgnan de Brazza ! Rassurant quand on pense que cette église congolaise n’a pas demandé la béatification de beaucoup de … congolais dont elle a la charge. Là aussi une même opposition de phase, de compréhension des enjeux du temps présent, sortis des termes classiques d’une relation de serviteur à patron avec les institutions centrales, européennes.

 

Les jeunes africains et les moins jeunes d’ailleurs découvrent avec une curiosité débridée le riche patrimoine historique et culturel africain. Ils y apprennent désormais les apports de leurs civilisations à la marche du monde, leurs traditions, religions et spiritualités. Désormais les villes précoloniales africaines, Tombouctou, Djenné, Bénin, sont l’objet de nouvelles investigations. Les Congolais ne se figurent pas, pour une part significative  d’entre eux, le degré de civilisation, d’urbanisation qu’avait atteint au 17è siècle, un royaume comme l’Ovango par exemple, son peuplement, son activité humaine. Et la formulation locale des enjeux de l’histoire, avec le retour des cendres de Pierre Savorgnan de Brazza, ne les y conduira probablement pas.

 

Que de personnalités, figures emblématiques à sortir de l’oubli ! Et puis la colonisation a été tortures, massacres coloniaux, crimes contre l’humanité avant d’autres considérations. Quelles qu’aient pu être les qualités individuelles de De Brazza, son action ne prend sens que dans un projet de partage de l’Afrique au profit de l’Europe. Elle ne saurait faire l’objet d’une révérence exacerbée à laquelle s’invitent deux présidents africains et l’église catholique du Congo. Il n’est pas ardu de trouver, en matière d’histoire et de mémoire collective bien plus pertinent et important à faire dans cette partie de l’Afrique.

 

Le Congo a donné nombre de ses enfants pour sauver la France de l’invasion fasciste, ont-ils un mausolée, une stèle, des ouvrages scolaires et éducatifs sur leur héroïsme. Les milliers d’Africains morts de travail forcé, dans la construction du très meurtrier chemin de fer Congo-Océan, succombant à la mise en coupes réglées des colonies, rien de cela n’aurait pu interpeller des décideurs africains...  

 

Pour le reste, que Savorgnan de Brazza [1852-1905] ait été exemplaire dans sa mission en Afrique qui a débouché sur le protectorat français peut être mentionné d’abord par son pays qui en a bénéficié. Les hagiographes, les commentateurs autour de ses descendants et de ceux du Roi Illôo Ier ou roi Makoko qui a cédé son territoire au pionnier français ne veulent retenir de cette homme qu’un explorateur humaniste, ne versant pas de sang sur son passage, un ascète de la rencontre des peuples… Si Brazza a commis moins de crimes que d’autres, à l’instar de Stanley aucune colonisation ne se fit sans saignée humaine. Brazza comme les autres était protégé par des soldats qui ne faisaient pas de figuration. Son rôle historique était de conquérir la plus grande partie possible d’un territoire convoité par les Belges, ce qu’il réalisa à merveille. Il conquis pour la France un espace géographique et humain plus grand que son pays et installa 26 postes administratifs sur la rive droite du Congo, entre 1875 et 1885. L’officier de la marine avait déposé au pied de la république coloniale un territoire qui contribuerait à sa prospérité, qui lui fournirait un appui indispensable à sa libération de l’annexion allemande [1939-45], et serait plus tard un domaine réservé des jouissances matérielles néocoloniales, un joyau de la Françafrique.  

 

Savorgnan de Brazza, a qui le roi Makoko avait remis un bracelet de protection en lui ouvrant son important royaume allait cependant vite se trouver en désaccord avec les commerçants et exploitants coloniaux dont, semble t-il, il réprouvait les manières frustres et le rapport aux Africains. Ceci lui valu d’être démissionné de son poste d’administrateur du Congo, et l’obligea à quitter le pays. Il ne revint au Congo français qu’en 1905, dans le cadre d’une mission d’inspection demandé par la métropole sur des scandales financiers et humains qui entachaient la gestion de la colonie. Il mourut le 14 septembre 1905 à Dakar, en cours de retour de cette mission où il n’était pas le bienvenu, selon sa femme qui l’avait accompagné, empoisonné par les colons véreux et sans façons sur lesquels il avait enquêté.  

 

Le rapatriement des cendres de Pierre Savorgnan de Brazza en terres africaines devait avoir lieu en septembre 2005, il a déjà été repoussé à deux reprises, sans motivations évidentes… Les élites se seraient-elles rendues compte de l’énormité de la symbolique, un demi siècle après les indépendances de réhabiliter la colonisation ? Ou alors ce programme avait-il été décidé en loges, Brazza étant franc-maçon, comme bien des décideurs de la françafrique, et peut-être aujourd’hui déprogrammé sur ordre confrérique ?

 

Toujours est-il que les postcolonies démontrent clairement dans cet investissement à la reconnaissance d’un colon français tout ce que les peuples peuvent attendre des pouvoirs politiques évoluant dans ce type de structures, complètement à côté de la hiérarchie réelle des besoins et aspirations matérielles et immatérielles des Africains.

Agni Blé

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